La démarche

SeqCOI [sekwa]

En réponse aux enjeux globaux sur le climat et la sécurité alimentaire, le projet SeqCOI [sekwa] étudie les offres et demandes en termes de séquestration du carbone dans trois territoires de l'Océan Indien : Madagascar, La Réunion et l'île Rodrigues. Il s'agit de valoriser les résultats de la recherche scientifique pour produire les outils nécessaires à une politique territoriale d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, par la séquestration du carbone dans les sols et la biomasse. Le projet SeqCOI s’intéresse essentiellement au bilan GES du secteur de l’Agriculture, de la Foresterie et autres Affectations des Terres (AFAT), secteur qui, après la COP21 à Paris, et surtout lors de la Proclamation de Marrakech lors de la COP22, a reçu une attention notable en raison du rôle qu'il peut jouer dans la réponse au changement climatique.

Valoriser les résultats de la recherche scientifique

A La Réunion, les travaux de recherche menés dans le cadre du projet C@RUN ont porté sur les impacts des changements d’usages des sols agricoles sur les stocks de carbone organique du sol. La méthodologie développée, basée sur une stratification du territoire en unités de sols et de climats, a permis de réaliser une cartographie des stocks de carbone organique des sols agricoles et de calculer des facteurs d’émissions liés aux changements d’usages des terres agricoles afin d’évaluer des bilans GES pertinents à l’échelle territoriale.

A Madagascar, une collaboration de longue durée entre l’UMR Eco&Sols de l’IRD et le Laboratoire des Radioisotopes de l’Université d’Antananarivo (synthèse des activités et données communes lors du projet 2Carma) sera le socle du projet SeqCOI. Ces deux partenaires, avec l’ONG Agrisud International, ont également œuvré dans le projet Mahavotra, traitant d’agroécologie et foresterie paysannes et de comptabilité carbone, réalisé dans un des territoires-cible du projet SeqCOI.

Sur trois territoires cibles

A partir de l’expertise des organismes de recherche de La Réunion et de leurs actions récentes dans le domaine, et grâce au partenariat déjà engagé dans la région Océan Indien, le projet SeqCOI vise à co-construire avec les partenaires malgaches et rodriguais une méthodologie commune de calcul des bilans de gaz à effet de serre à l’échelle territoriale, qui sera ensuite appliquée dans les différents territoires cibles, de taille équivalente.

A Madagascar, une (ou des) commune(s) rurale(s) de la région Itasy
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A La Réunion, une (ou des) communauté(s) de communes
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A Rodrigues, sur l’ensemble du territoire de l’île
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Ces trois territoires ont bien entendu des spécificités qui vont nécessiter la mise en œuvre d’activités adaptées pour chaque territoire. Par exemple :

  • A Madagascar, les rizières occupent une part importante dans le paysage agricole ; elles sont émettrices de méthane, important gaz à effet de serre ;
  • A La Réunion, l'urbanisation crée une pression foncière importante sur le domaine agricole ;
  • Rodrigues s'est fixé un objectif de neutralité environnementale qui affectera la dynamique de tous les modes d’usage des terres sur le territoire.

Pour atteindre trois objectifs

Le principe fondamental du projet SeqCOI - développer les connaissances et produire les outils nécessaires à une politique territoriale d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre par la séquestration du carbone dans les sols et la biomasse - se décline en 3 objectifs.

RENFORCER LES CAPACITÉS par le transfert de technologies, de méthodologies, de connaissances, par des formations et par la co-construction d’une base de données dans chaque territoire
CRÉER UN GROUPE D’EXPERTES ET D’EXPERTS JUNIORS formés durant le projet
POUR DÉVELOPPER UN OUTIL D’AIDE À LA DÉCISION de bilans de Gaz à Effet de Serre (GES) spatialisés pour le secteur de l’Agriculture, de la Foresterie et Autres usages des Terres ACCESSIBLE EN LIGNE

Le produit attendu majeur de cette méthodologie est l’élaboration de cartes exprimant l’offre et la demande en séquestration du carbone des territoires-cible. Des outils de simulation seront également développés afin d’évaluer l’impact en termes de bilans GES d’alternatives de développement par rapport aux tendances actuelles.